Orange Projet de confinement 2

C’est dimanche, c’est à vous !

 C’est dimanche, c’est à vous ! 

 Le Rouge de Noëlle Impressions rouges de Christiane
Vous avez continué avec le rouge pour ces jolies réalisations. Je crois que personne n’a attaqué les tons orangés. Et pourtant ! 
Si je pense Orangé, je pense à ces plastrons de la régions de Châteaulin sur les costumes bretons. Certes, on peut ensuite les trouver en jaune mais il semble qu’ils soient typiques de cette région selon l’ouvrage de référence de RY CRESTON paru en 1974 sur le costume de ces régions : 
 » Si les « Glaziks » ont des costumes bleus ce n’est que pour des raisons économiques. Lorsque, après les guerres de l’Empire, on liquida les stocks de drap militaire devenus inutiles et inutilisables (chaque régime change la couleur des uniformes), du fait de la réduction massive de l’armée, des marchands allèrent chaque semaine, les acquérir aux magasins militaires de Brest pour les revendre sur les marchés centraux tels que Quimper. Il advint qu’un individu, tailleur ou client en lançât la mode pour qu’elle fut adoptée par la population de la région. …. De là, le nom de Glazig qui leur a été donné par les habitants des pays voisins et non pas par eux-mêmes.  Il en a été ainsi de même pour les autres pays, soit pour la couleur des costumes, soit pour celles des broderies, soit pour un détail vestimentaire. C’est ainsi que les gens d’Elliant furent nommés « Melenik » par leurs voisins par suite de l’adoption par eux, de broderie de couleur jaune citron.. Quant aux « Rouzig », de la région de Châteaulin, leur nom vient de la couleur rousse et orangée de leur vêtements……  
             
Ce terme « Rouzig » qui se maintint assez longtemps, semble indiquer un isolement plus long de cette population et une plus grande pauvreté de moyens de vie. »
 
     

Mais les gammes orangées font partie pour moi, du patrimoine breton non seulement pour les costumes de cette région mais aussi parce qu’on retrouvait sur les nappes brodées, ces gammes de couleurs. La broderie bretonne ne s’arrête pas au travail d’un brodeur qui a su moderniser le style actuel. La broderie bretonne est intemporelle.

Je me souviens beaucoup des broderies de la maison Le Minor, entrevues dans les intérieurs bretons et qui ont suscité un rejet dans les années 70/80. Et pourtant quel talent ! Des modèles étaient même dessinés par des peintres  reconnus tel Mathurin MEHEULT. Les catalogues de cette maison prestigieuse étaient rédigés par l’écrivaine Colette. Pour rejoindre les activités de Fil O Maine, il me faut rappeler que Dom Robert dont nous avions vu le musée lors de notre dernier voyage à Sorrèze, avait autorisé cette maison à travailler selon ses cartons. Et ce sont bien ces dessins là, qui sont restés aussi dans ma mémoire. 

 

Et puis, c’est aussi cette maison sous l’égide de sa créatrice Marie Anne Le Minor qui a redessiné la fameux Kabig que toute une génération a porté en Bretagne. Il s’agissait d’une sorte ce caban inspiré des vêtements de travail des goémoniers, vêtement très chaud supportant les intempéries. . René-Yves Creston, dont je vous ai parlé ci-dessus, a même redessiné ce vêtement pour qu’il soit tendance.  Pour en savoir plus sur ce vêtement historique : 

https://www.argedour.bzh/le-kabig-lidentite-bretonne-dun-vetement-du-quotidien/

Voilà mes racines bretonnes qui ressurgissent au pays des couleurs….

Alors, cela ne vous donne pas envie de broder Orange pour rester dans la veine de notre précèdent challenge confinement : des feuilles, des branches avec des fils orangés….A vos fils et vos aiguilles…