Orange

Une chevelure “orange” par Annie Leroy

 Une chevelure “orange” par Annie Leroy

…ne nous étonne plus, même si on la remarque.

Une toute première qui en a fait son image, c’est dans les années 40, l’actrice Rita Hayworth qui était brune. L’image de la rousse flamboyante en a fait un sexesymbole (voir l’affiche du film Gilda). Aujourd’hui, le mannequin et chanteuse Karen Elson a une chevelure remarquable, Sophie Turner a réhaussé sa couleur pour son rôle dans Game of Thrones et, sur la pochette de son album “grandes exitos”, Shakira n’est plus blonde.

Sophie TURNER dans Game of Throne

Karen Elson

    On n’oublie pas notre danseuse française Fauve Hautot. Il paraîtrait que chez ces messieurs, les Roux soient devenus très attrayants, ça les rendrait sexy, le prince Harry en premier, suivi du chanteur irlandais Ed Sheeran, largement primé, et d’acteurs… D’une manière ou d’une autre, que cette couleur soit naturelle ou artificielle, elle serait devenue la couleur favorite des stars et nombreuses seraient les personnes à avoir succombées à cette coloration flamboyan

Fauve Hautot

On se souvient aussi du rôle de l’actrice française Audrey Fleurot dans la série Un village français dont la couleur évoque son attitude ambiguë mais passionnée. 

                                

     Jean Pierre Marielle en ogre dans le Petit Poucet         

Au cinéma, l’ogre interprété par Jean Pierre Marielle dans le film du petit poucet de Michel Boisrond (1972) était impressionnant et d’un système pileux vraiment orange. Il y a aussi le terrifiant pirate Barbe Rousse qui écumait la Méditerranée, pour l’empire Ottoman, lui n’était pas personnage de fiction. J’ai aussi des images de Vikings costauds et roux, brutaux, pas vraiment plaisants à croiser. Bien qu’étant roux ou bruns pour certains, ils étaient en majorité blonds, (archives de recherches) et images du cinéma d’aujourd’hui. Assez longtemps, les cinéastes ont entretenu des croyances lointaines, rousses sexy ou rousses sorcières, roux méchants qui tous captent le regard. 

Des personnages de Disney, relativement récents, n’y échappent pas : Mérida la princesse rebelle, Félicie dans Ballerina, Jessica Rabbit, la femme de Roger Rabbit, toutes des femmes volontaires, fortes, passionnées, rebelles et femme fatale pour Jessica, même méchante avec Médusa dans Bernard et Bianca, méchante mais qui reste coquette. En personnages masculins bien connus, citons Obélix, Spirou (écureuil en wallon), Charles Edouard la binocle chez les Razmoquet, le Troll russ. C’est une petite poupée créée en 1959 qui peut être associée à un conte de Noël, à nos oranges. Elle a été sculptée à Noël par M. Dam pour sa petite fille, afin qu’elle ait un cadeau. Souvenez-vous dans les années 90, à l’apogée de son succès, ces petites poupées aux cheveux couleur fluo, oranges, verts ou roses, hirsutes. Les auteurs de BD semblent bien aimer les Roux. Ils apportent peut être de la lumière dans les planches et ils ont en général un caractère bien trempé. Heureusement il y a aussi des Roux gentils mais, il est vrai, un peu bêta comme Obélix. 


Si vous n’avez pas vu ce film Roger Rabbit, voici la bande annonce :https://www.disneyplus.com/fr-fr/movies/qui-veut-la-peau-de-roger-rabbit/20GDm8DYpIsC

Malheureusement, les roux n’ont pas toujours eu, comme de nos jours, le vent en poupe.

Pendant l’Antiquité, les roux sont déjà chassés de la Cité pour expier les fautes collectives. Aristote affirme que “la couleur rousse est une espèce d’infirmité du poil”. Un siècle plus tard, dans un traité, les roux sont “méchants car ils tiennent du renard”. Au Moyen Age, Saint Louis, contraint les prostituées à se teindre les cheveux en roux pour bien les différencier des femmes “respectables”. Tout le monde connaît le sort qui était réservé aux rousses, pendant l’Inquisition. Elles ne pouvaient être qu’enfants du diable, des sorcières, elles étaient alors brûlées vives sur les bûchers.


Au XIXe siècle, en 1896, Jules Renard écrit poil de carotte. Ce livre raconte pour la première fois l’enfance et les difficultés d’un enfant roux, les moqueries dont il a été victime. Emile Zola, en1880, en écrivant Nana, alimentait le préjugé que les femmes rousses portent en elles le gêne de la prostitution. Son héroïne, prostituée à la couleur de cheveux changeante, devient rousse lorsqu’elle est mise en scène dans le cadre sexuel.


Martine Carole en NANA

Il faut savoir qu’en 2008, il y a eu au Canada, une incitation à la violence vis à vis des Roux : “la journée nationale des coups de pieds aux roux”. En réponse à ce déplorable phénomène, sera créée “la journée des roux”, le 12 janvier, journée créée par l’acteur canadien Derek Forgie, également roux.